mercredi 18 mars 2015

C’est pas l’homme qui prend la mer



Aujourd’hui départ pour la Rochelle où je retrouve Christophe et deux autres équipiers. Nous nous y rencontrons pour la livraison d’un Saba50, Catamaran plaisancier de luxe à convoyer vers les Iles Vierges Britanniques, Antilles. La transatlantique devrait durer entre 3 semaines et un gros mois, fonction de la météo. Si nous passons le golfe de Gascogne sans trop nous faire brasser nous ferons une escale à Las Palmas, Gran Canarias, sinon Espagne ou Portugal.

Christophe tient un blog presque à jour pendant la traversée : grandescroisieres.blogspot.com. Ce seront les seules nouvelles du bord.






Le sac à dos vient de se refermer, quelques bouquins, 2-3 crayons et les habituels Marley et Floyds pour m’accompagner dans toutes les situations.



Bon vent.

mardi 17 mars 2015

Suite


Pour l'éclat du jour des bonheurs en l'air
Pour vivre aisément des goûts des couleurs
Pour se régaler des amours pour rire
Pour ouvrir les yeux au dernier instant

Elle a toutes les complaisances. 

Paul Éluard

Pourquoi pas?



Septembre 2010.
Il y a plus de 4 ans, déjà. Il est grand temps de dépoussiérer ce carnet de voyage rappelant les heures de gloire de cette aventure. 1600 jours, ça en fait des choses à raconter ; théoriquement, à raison de 3 brossages de dents de 3 min par jours j’atteins déjà les 10 jours consécutifs au-dessus du lavabo, l’analogie au bistrot me fait peur, je m’arrête ici.
Ça en fait des choses à raconter, j’ai moi-même du mal à m’accorder sur l’histoire de ces 4 années, bel exercice néanmoins. Un léger vertige caractérise la scène. Fin des études, Madrid, ICAM3 et on attaque directement le monde de l’ingénierie industrielle que l’on nous a vendu et magnifié pendant cinq longues années. Des bons commerciaux, ça pique. On est malin, on s’adapte, ou s’habitue, dans tous les cas ça va rapidement mieux. Et ça passe, vite.
55 mois de découvertes, d’apprentissages, de rencontres, d’amitiés naissantes et croissantes, d’Amour, de rêves éveillés et de rêves à accomplir, de réponses à discerner.
Merci à toi de m’avoir mené jusqu’à aujourd’hui ; mon puzzle de vie où chacun a sa pièce. « Dans le doute j’y vais ». J’y vais.
Nous sommes seuls artisans de notre vie.
En soif d'une nouvelle page et armé de ma naïveté enthousiaste je m’en retourne aux Amériques, par l’Océan, à la voile. « Pourquoi pas ? »

Merci.

lundi 6 septembre 2010

Revenir pour Repartir

Me voilà de retour en France, obligé de se plier de nouveau à toutes ces règles que je pense nous avions tous oublié.
Retrouvé les rails de la routine, le traintrain habituel et la connerie française, (exemple : première fois que je prends la voiture en 4 mois, 10 minutes que je suis au volant, je me fait contrôler par la police. La France n'a pas changé!).
Dans tout les cas, ce voyage m'aura fait rêver du début à la fin, beaucoup au niveau des paysages magiques et des ambiances transcendantes que j'aurais pu admirer, mais surtout au niveau des personnes que j'ai eu la chance de rencontrer et des réflexions que j'ai eu avec certaines d'entre elles.
Si mon experiment était à refaire je referais exactement le même, pour sa richesse et tout ce qu'il m'a apporté et fait réaliser.
Il m'a donné goût au voyage, et suis prêt à repartir au moindre signale.

Couché du soleil sur le lac Titicaca - Copacabana

Merci à tous de m'avoir suivi, accompagné et soutenu
Clément

Cuba Libre

Dernière étape de mon trip avant mon retour en France, Cuba!
L'arrivée est assez difficile, car je ne connais rien à Cuba, j'ai pas le guide du routier, ne connais ni la monnaie ni sa valeur, aucune carte ni adresse...
Nunu, Park, Pedro et Cam sont ici depuis quelques jours, mais bien sur je n'ai plus de portable, l'aventure finit en beauté.
Nous arrivons toutefois à nous retrouver (ouf!) le deuxième jour, à partir de là je ne les lache plus.
Nous partons rôtir quelques jours à Trinidad sur la cote sud, où nous ne faisons strictement rien à part profiter des Caraïbes et leurs poissons multicolores.
Nous abandonnons Nunu qui reste 5 jours de plus à Cuba, de retour à la Habanna nous profitons de la vieille ville et des vieux tacots américains des 50-60's.
C'est la fin d'un grand voyage pour moi, cette semaine à Cuba, en mode touriste m'aura permis de me rapprocher un peu plus de la façon de vivre à la française.
Cependant Cuba aura été une des étapes de mon experiment des moins exaltantes, certes bien mais pas magique, peut être du fait des prix et de ne pas avoir voyager en solo...

L'université de La Habanna à plus de tronche que l'ICAM


Le Bus scolaire Ricain devant le Capitole


Notre taxi pour l'aéroport : Chevrolet 56


Et pour finir la brochette de beaux gosses qui vient d'atterrir à Paris
Cam-Chab-Park

lundi 2 août 2010

Four Will Drive

Excursion en 4 por 4 avec mes 3 champions Ramón, Pablo et Cristoboule (Rominou, paulo et Cristouphe...) pour explorer le Salar (3600), plus grand désert de sel du monde et le Sud Lipez (3600-5200) immense désert de sables multicolores, "agrémenté" de quelques volcans et leurs lagunes colorées... Le driver nous speed un peu sur les 3 jours : "descendez ici vous avez 5min pour prendre des photos..." ca perd un peu de son charme mais bon c'est tellement beau...
On se promet donc de revenir ici faire ca en mode solo à dos de moto.

Le Salar

Le Salar, c'est du sel, du sel et que du sel entre 9 et 50m d'épaisseur et à perte de vue, dans ces conditions, le chauffeur n'a pour utilité, que celle de rester appuyer, relativement constamment, sur la pédale d'accélération, sans toucher au volant, qu'il dorme, picole ou joue au carte en même temps ne change rien...

A l'entrée Dudit (David) Salar, se trouve un cimetière de locomotives, avec du bon vieux trains old School à la Lucky Luke, quelques photos pour saisir tout cela.



On s'y croirait grâce aux compères Rominou et Christouphe.


Mr. Propre est passé par là et à péter un câble, il a tout enlevé.
Je vous propose aussi de savourer l'étrange position de Romain
(Deuz à partir de la gauche).


Christouphe pause dans notre bel hôtel entièrement de sel, du sol
au plafond en passant par les tabourets, tables et sommiers.



Sud Lipez

Juste trop beau, des couleurs magnifiques, des volcans dechirant le ciel avec, à leur pied, des lagunes immenses de sel et de glace sur lesquelles des centaines de Flaments roses arrivent à ne pas geler, les pieds dans l'eau par -15...
Beaucoup d'emotion, un peu de biere et trop d'images magnifiques...





Heaven & Hell

Le Huayna Potossi, joli amas de cailloux et glace qui domine La Paz avec ses 6088, "l'un des sommets à plus de 6000m des plus accessibles au monde" selon Mr Routard.

Je suis passé un peu rapidement sur la lecture, c'est un sommet faisable... pour un sommet à 6000... en français correcte on dit (excuse moi maman) " putin que c'est dur!"

En speed comment ca se passe :

Départ de La Paz le matin, 2h de taco
Arrivé vers midi au camp de base (4700), casse dalle puis début de la grimpette
Arrivé au refugio alto (5180) vers 3h, là déjà tu cherche bien ton air
Soupette à 5h30 puis dodo a 6h
Finalement semblant de dodo jusqu'à midnight (En effet, expérience difficile que de dormir en étant essoufflé!)
Petit dej jusqu'a 00:30 où 1/2 personne gerbe le peux de bouffe qu'il vient de se faire (je fais parti de la bonne moitié, après à vous de décider la quelle semble la meilleure...)
Puis à 1h, c'est partit, on chausse les jolis crampons, le piolet , chacun est encordé à son guide, et on attaque le glaçon...
La lune nous éclaire, pas besoin de lampe torche, sauf pour passer les petites crevasses. On avance à tout petit pas, essoufflé comme si je venais de fumer une cartouche de gauloises maïs tout en courant un 10 000m sprint.
petites pauses toutes les 30 min -1h, tu récupères un peu ton souffle, allongé et/ou inanimé sur le sol, puis ton ami le guide dit qu'il faut repartir, donc tu te lèves, remets ta mochila, et tu es de nouveau aussi essoufflé qu'avant de faire la pause...
En plus de ca, l'altitude m'a détruit le cerveau (il ne faudra donc pas m'en vouloir au retour...), nan c'est vraiment très douloureux, mais j'avais la chance de ne pas avoir trop de nausées.

Finalement Prem's en haut avec mon coupain Brow le Belge qui s'essaye au francais entre deux respirations douloureuses.

Premiers en haut, prêts à admirer le levé du soleil

Levé du soleil sur La paz scintillante, le TitiKaka de l'autre, c'est cool, on reste pas plus de 20 min au sommet car les autres commence à arriver (seulement 18 pers sur 51 on atteint le sommet), et puis à 6000 t'as beau être bien équipé, ca pèle sa race!

Conclusion : Expérience intéressante mais très difficile pour le grand sportif que je suis, mais bon j'ai mis ma borne au Mont Blanc, ca en valait bien la peine!


Et non le sommet n'est pas un beau cône de neige douce,
légèrement arrondi au bout... (dommage!)

lundi 19 juillet 2010

Trekons

Apres 20h de bus, nous voila sur Cusco, ville tres charmante, nous souffrons un peu de l'altitude, mais tout vas bien, nous logeons à San Blas, le cartier "Boheme" de Cusco.

Le lendemain est dévoué à la recherche puis location/achat de matériel et bouffe pour le Trek, partons le soir même pour Zawite à 4 heures de Cusco (100 hab), arrivons vers 8h, en pleine nuit, le mot hospedaje (hotel) y est inconnu, nous dormons donc dans le "sous sol " d'une "maison" sur la terre et avec les poules. La nuit la temperature passe sous la barre des zero grados.


Compañero Rob avec Madame la poule en arrière plan


Au levé du jour (5h30) prenons un petit taxi pour se rendre à Cachora d'où démare le Trek, puis c'est partit, chargé comme des mules (plus de 20 kilos chacun (et ouai ça pese 10 jours de bouffe!)) nous partons attaquer la montagne.


Les paysages sont fous et different d'un flanc de montagne à l'autre.
1e jour : desert avec cactus, nuit le long d'un torrent où un bain froid nous fait le plus grand bien.

2e jour : 1600m de denivele positif en plein soleil, les chemins sont tres poussiereux (on en bave pas mal), Nuit au pied des ruines Incas de Choquequirao.
Ruines de Choquequirao
3e jour : Visite des ruines de Choquequirao, nous y sommes seuls, le pur plaisir! puis descente de 1700m de denivelé jusqu'au canyon du Rio Blanco, où nous restons un jour, seuls, pour se reposer et profiter du torrent qui y coule.

5e, 6e, 7e, 8e, on marche pas mal, tous les soirs nous dormons dans des lieux magnifiques mais toujours tres differents de la veille, face aux montagnes arrides, avec de la jungle, glaciers...


La vie est belle à Maizal, n'est ce pas Rob?


En tout nous avons fait plus de 150 km de marche, 9000m de denivelé positif (point Culninant à 4600m), et à peu près pareil en descente (dire qu'on aurait pu marcher sur du plat!). Ce fut une experience richissime, et maintenant on a des grosses cuisses avec Rob...

L'aboutissement sur le Machu Picchu ne fut pas à la hauteur de nos espérances, car quand après 8-10 jours de marche en plein soleil, il pleut pendant la visite, et que les touristes qui visitent à côté sont arrivés hier soir au Pérou, on pris le train pour 200$ pour rejoindre Aguas Calientes (où le pain coute plus cher que l'or) et que le lendemain, nous nous levons a 3h30 du mat pour grimper jusqu'au Macchu tandis que les gros bides ricains prennent un car à 7h (15 min pour 10$), nos amis les Incas perdent de leur précieux mysticisme. On se marrait plus a gambader tout seul dans la sierra, mais bon ca reste a voir!

On the Turning Away

Apres quelques jours sur Lima, tres gentillement logé chez Peg et Thom, ne profitant guere de la ville car tres chere et me remetant peu de mes deux mois d'autarcie con Mother Nature, je retrouve le compere Rob pour se rendre sur Cusco dans l'objectif d'effectuer un Trek d'une dizaine de jours, avec pour finalité le Machu Picchu.

Cusco de noche

vendredi 2 juillet 2010

Le Bilan - Neg Marañon

Après deux mois de Selva, loin du monde, loin de tout, je ne suis pas beaucoup plus philosophe qu'avant (à mon grand damne). C'est la meilleure expérience que j'ai pu faire, j'en ai profité à fond, et le fait de tomber malade n'a en rien géné (je dis ça maintenant que ça va mieux...) le truc énorme que c'était, ça lui a même donné encore plus d'importance. J'ai appris à vivre avec la nature, à un rythme tranquile, si avant j'étais une racaille, maintenant je serais un roots Peace & Love... C'est un rêve de gosse que je viens de réaliser, maintenant je ne pourrais plus jamais m'en défaire. Ceux qui ont la chance et l'opportunité de visiter la Forêt Amazonienne, profitez en, car c'est la plus belle chose au monde. Toute vie devrait passer checker Maman Nature...


Gavilan Mama Vieja

En Vrac

Voici quelques photos sympa qui ne correspondent à aucune catégorie mais qu'il faut voir :




Sur la route pour Tacsha Cocha



Passage émotion : mon premier Piranha



Spéciale dédicace au moustachu qui pêche le bar :
30 Piranhas en 10 min, record à battre





Quand je dis que c'est dur de manger du singe parce
que ça ressemble à l'homme, c'est pas une blague..
.





Œufs de Taricaya, tortue très protégée,
comme la Charapa,
car chassées par l'homme
pour leur chaire et la richesse de leurs

œufs qui servent autant de nourriture
que de combustible...




Les levers du jour sont particulièrement magnifique dans la Selva, en photo ça rend pas grand chose, mais ça permet d'avoir une idée...


Réveil au PV5-Santa Helena



Sur la route du retour





Problèmes Divers

Voici quelques problèmes qui me sont arrivés pendant ces deux mois dans la Selva :

Problème du Moustique

1.HYPOTHÈSES


- supposons qu'une piqure de moustique non grattée démange durant quatre (04) jours.
- supposons également qu'une piqure grattée met vingt (20) jours à disparaitre et démange durant 80% de son existence.
- par simplicité, nous prendrons comme vrai le fait que Clément ne se gratte jamais et que seulement 50% de sa peau est soumise à des frottements réguliers (bottes, chaise, "matelas",...).
- les frottements équivalent à un grattage.
- les piqures sont répartis de manière homogène sur tout le corps.
- Clément est piqué de 10 à 100 fois par jour, dans l'objectif de simplifié au maximum l'application numérique, nous dirons qu'il est piqué 25 fois par jour, tous les jours.
- Clément est resté 50 jours dans la Selva (soumis aux règles précédentes).

2.QUESTIONS


- Pendant combien de temps Clément va -t-il avoir des marques de piqure sur le corps? (Beginner Level)
- Combien de piqures Clément aura-t-il le 5,10,15,20,30,50° jour? (Advanced Level)

3.ANNEXES

L'action du répulsif à moustiques pour zones tropicales est similaire à celui de la margarine, on négligera donc son utilité.
10secondes d'immobilisation pour prendre
des photos de lever du soleil à 6h du mat...



La Sacha Manguo

Dans la réserve, j'ai eu la chance de découvrir de nombreux aliments qu'il n'est pas possible ou très difficile de trouver en France. Parmis ceux-ci, la Sacha Mango (Mangue de la Selva), sorte de mangue très dure, sèche et peu sucré, limite amère; tout de suite, c'est l'amour, j'en mange 5 en 20 min (c'est difficile de faire mieux!).
Après quelques 15 min de repos bien méritées, des petites plaques rouges me poussent sur le bidou (plaques qui démangent énormément, venant s'ajouter aux moustiques, c'est les bases de la joie...). Petite plaque deviendra Grande... En une heure mon corps est une plaque rouge qui me brule de trop et démange comme c'est même pas possible d'imaginer. Je décide donc d'offrir le-dit corps aux moustiques en me mettant en caleçon (il fait un peu moins chaud). A la suite la vue se trouble, je n'entends presque plus rien (s'ajoutant à mon superbe niveau d'espagnol, sa compréhension est devenue casi impossible), gorge complètement serrée, impossible de boire et très difficile de respirer. Bien sur j'ai rien contre les allergies, j'en ai jamais eu, il y a pas de raison... De nuit, à 3 jours de bateau d'Iquitos, sans aucun moyen de communication, c'est le moment où tu te convertis aux religions qui ont un paradis... Nan vraiment , j'ai trop baliser, ça à durer un peu plus de 4h, tu fais pas le joyeux, sans savoir si dans 15
min ce sera pire ou mieux, et vu que tu peux rien faire, tu fais rien...

Ça coule à flot


Les 20 derniers jours dans la réserve ont été ponctués par des voyages fréquents sur le "trône blanc" causés par une belle diarrhée. Cette diarrhée a eu deux conséquences principales :
  • dans un premier temps, et ce qui est tout à fait légitime, la fierté de voir l'efficacité et la rapidité de mon estomac à transformer n'importe quoi en bouillon (15-20 min pour les stat.),
  • quand t'es grassouillet, au bout de vingt jours à pondre tout ce qui te passe dans le bide, t'es bien maigrichon...